Bénin – Présidentielle 2021 : Fin de campagne sur fond de déchirure sociale

La campagne électorale pour la présidentielle du 11 avril prochain prend fin ce vendredi 9 avril 2021. Contrairement à la liesse population habituelle des fois antérieures, on note une déchirure sociale au sein des Béninois.

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Impossible de circuler normalement dans la ville de Parakou. Difficile, voire impossible de traverser les communes du centre pour se retrouver dans le nord du pays. Des tirs de sommation, de caoutchouc et de balles réelles. En face des soldats bien armés, des manifestants avec des jets de pierres, des branchettes et des sifflets pour siffler la fin du régime Talon qui, au regard de la révision de la Constitution en novembre 2019, doit encore prolonger son mandat de 45 jours. Des événements qui se déroulent à quelques jours de la présidentielle 2021 dans le pays.

A 400 km environ de Parakou, Cotonou, la ville économique du pays vit l’ambiance de la campagne électorale. Des caravanes, des meetings et des animations de tout genre pour véritablement prouver le bon déroulement du processus électoral.

Un seul Bénin qui donne l’image de deux Etats qui vivent des réalités diamétralement opposées. Déjà après la commune de Bohicon, la présence de l’armée est renforcée, et la psychose s’est emparée de tout habitant des régions. Le tableau des manifestations fait état d’un mort par balle et près d’une dizaine de blessés à la date de ce 8 avril 2021.

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A l’origine de toutes ces manifestations, le prolongement du mandat du Président Patrice Talon qui avait prêté serment, le 6 avril 2016, sur la Constitution du 11 décembre 1990. Alors qu’en 2019, le législateur béninois a adopté la loi N°2019-40 du 7 novembre 2019 portant révision de la loi N°90-32 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin. Et c’est cette disposition constitutionnelle qui consacre ce prolongement de mandat actuel du Président Talon.

Depuis le 6 avril donc, l’ambiance de campagne observée dans tout le pays au cours de la première semaine, a laissé place à des actes de violences, de saccages, de manifestations et surtout d’interpellation des activistes, des politiciens opposants et même des manifestants.

Des appels à la paix sans écho

Cette ambiance dans le pays inquiète des observateurs et certains politiciens, surtout proches du pouvoir Talon. Ces derniers multiplient les appels à la paix et invitent les manifestants et contestataires à revoir leur position et à permettre un bon déroulement du processus électoral jusqu’à la tenue effective du scrutin présidentiel du dimanche 11 avril prochain.

[penci_blockquote style= »style-2″ align= »none » author= » » font_weight= »bold » font_style= »italic »]A la suite de ces acteurs politiques, des têtes couronnées et dignitaires du Bénin. A travers leur regroupement, le conseil supérieur des rois du Bénin a invité chacun des Béninois à la culture de la paix et à la préservation de cette dernière. Aussi, remarque-t-on la présence des responsables de la société civile pour un retour à la tranquillité et à la quiétude d’antan du Béninois.[/penci_blockquote]

Mais visiblement, ces différents appels semblent ne pas atteindre les contestataires qui disent ne pas vouloir démordre. Le seul mot d’ordre chez eux, c’est le départ du Président Patrice Talon et l’arrêt du processus électoral en cours dans le pays. Face donc à cette ténacité des manifestants, les trois duos candidats en lice pour la présidentielle 2021 semblent éviter le sujet au cours de leurs meetings qui se tiennent, depuis ce temps, dans la partie méridionale du pays.

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C’est donc la première fois, dans son histoire politique sous l’ère du renouveau démocratique, que le Bénin bascule ainsi dans une telle violence préélectorale. Des violences qui pourraient compromettre la tenue effective du scrutin étant donné que le matériel électoral que la Commission électorale nationale autonome (CNEA) a déployé sur le terrain est saccagé et brûlé par endroit.

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