
Malgré le maintien d’un certain suspense, les initiatives du colonel Michaël Randrianirina, l’actuel détenteur de l’autorité, suggèrent une ambition présidentielle grandissante.
Ses tournées régionales s’apparentent à une phase de précampagne, bien qu’il souffre d’un déficit de base politique solide, ce qui constitue un désavantage notable pour la période de transition. Il s’expose au risque de connaître un revers électoral comparable à celui du mouvement « Hery Vaovao hoan’i Madagasikara » en 2018. L’officier du CAPSAT ne bénéficiera pas d’un soutien unanime du « tolona », des dissensions ayant déjà émergé parmi les partisans de la refondation, trois mois après la chute du régime Rajoelina.
Huit candidats potentiels ont été identifiés, parmi lesquels figurent le chef d’État en exercice, Siteny Randrianasoloniaiko, Marc Ravalomanana, Hajo Andrianainarivelo, Fanirisoa Ernaivo, Tahina Razafinjoelina, Antoine Rajerison et Parisoa Andriambolanarivo. La tension politique s’intensifie à l’approche du scrutin. L’évolution des relations entre le colonel Randrianirina et Siteny Randrianasoloniaiko fera l’objet d’une attention particulière. L’actuelle ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, forte de son engagement contre l’ancien régime et de son aspiration manifeste, est susceptible de jouer un rôle prépondérant.
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Marc Ravalomanana, un candidat de poids doté de fondations politiques bien établies (TIM), élève le ton face aux entraves à la réouverture de son usine Tiko S.A., engendrant des frictions. Les jeunes prétendants tels que Rajerison et Andriambolanarivo peineront vraisemblablement à rivaliser avec le « numéro Un de l’Empire Tiko ». Tahina Razafinjoelina, discrète mais déjà candidate en 2023, pourrait créer la surprise, potentiellement appuyée par les éléments dissidents du TIM.
L’IRMAR, sous la direction d’Andry Rajoelina (actuellement à l’étranger et déchu de sa nationalité pour l’écarter de la course), se trouve dans une situation incertaine. Néanmoins, le MAPAR demeure une force politique non négligeable. Le prochain scrutin pourrait reconduire le face-à-face à distance entre Ravalomanana et Rajoelina, mais une coalition TIM-MAPAR ne saurait être écartée compte tenu du contexte politique actuel.






