
Après le scrutin législatif italien, le nouveau Parlement a siégé pour la première fois ce jeudi 13 octobre 2022. Le premier député noir de l’histoire du pays, Aboubakar Soumahoro, représente l’alliance Verts-Gauch.
« Nous travaillerons pour ceux qui sont mis dans une condition d’esclavage, pour nos fils, pour les jeunes, pour tous ces Italiens qui ont dû fuir à l’étranger, parce qu’on ne leur a pas donné la chance de vivre ici. C’est ce que nous ferons », a-t-il promis avant de faire ses premiers pas dans l’hémicycle
« Cela fait 20 ans que des lois comme la ‘loi Bossi-Fini’ (loi) créent et produisent de l’illégalité, créent et produisent de l’esclavage, créent et produisent des monstruosités. Je suis une des victimes de la loi Bossi-Fini », rappelait-il en septembre lors d’un meeting à Rome.
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« Nous ne pouvons pas avoir dans notre pays, en Italie, des enfants de premier niveau et des enfants de second niveau. Nous devons accorder la citoyenneté italienne aux enfants nés et élevés dans notre pays. C’est une question de civilisation, de dignité et aussi de cohérence avec les principes représentés dans notre Constitution. »
Né en Côte d’Ivoire, Aboubakar Soumahoro est en Italie depuis 23 ans. S’il portait des bottes, c’est en hommage aux travailleurs agricoles étrangers qui, comme lui, sont exploités depuis leur arrivée dans la grande botte. Son combat, ce sont les « braccianti », ceux qui travaillent avec leurs bras, dans un pays ou la discrimination raciale est omniprésente.
A 42 ans, Aboubakar Soumahoro continue de porter la voix des invisibles et des minorités. Lui, le migrant, n’oubliera jamais son parcours de vie.