Bénin : Les récriminations des élus locaux sur le nouveau certificat de résidence

L’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP), en accord avec le gouvernement béninois, a lancé le nouveau document de certificat de résidence. Cette réforme semble incomprise des élus locaux, premiers acteurs dans la délivrance de ce document. 

“On n’a pas été associé et il y a une confusion totale qui s’installe au sujet de cette réforme qu’on devrait pourtant applaudir”. Tels sont, à l’entame, les premiers mots du Chef de quartier de Marina PK10, Ekpè dans la commune de Sèmè-Podji dans un entretien exclusif accordé à Sunvi Média Communication. Suivant les normes en cours au Bénin au lendemain de l’historique conférence de la nation en février 1990, les délégués de quartier ou de village, sur toute l’étendue du territoire national, délivrent des attestations de résidence et seules les mairies octroient des certificats aux demandeurs. Mais la réforme actuelle est qu’il y a désormais des certificats. La question est donc de savoir, selon Ghislain Ahidé, si le certificat ainsi pensé par l’ANIP, vient remplacer l’attestation que délivrent les élus locaux. 

On ne saurait annoncer une réforme de cette envergure sans une vraie communication et le respect du parallélisme de forme administrative. Nous avions été saisis via les médias sociaux et il n’y a pas un document officiel de notre tutelle (ministère de la décentralisation, ou préfecture ou mairie, ndlr) pour non seulement nous informer, mais nous associer pour cette réforme. On ne peut donc exécuter une réforme sans base juridique. Ghislain Ahidé, Chef quartier de Marina PK10, Ekpè, Sèmè-Podji.

Dans ses propos, il signale que les élus locaux ne sont pas sous la tutelle de l’ANIP qui, comme ils l’ont tous constaté, leur intime l’ordre d’exécuter désormais cette réforme. Pour lui, le prototype de document que leur présente cette agence ne mentionne aucune origine pouvant attester du ministère où émane ce document. “Il aurait fallu que cette agence saisisse les mairies qui pourront saisir, à leur tour, les élus locaux pour des directives. Puisqu’en l’état, cette réforme n’est juridique ni par la forme, ni par le fond”, se désole l’élu local de Marina PK10.

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Ce faisant porte voix des élus locaux de la commune, Ghislain Ahidé se demande celui qui pourrait assumer les responsabilités pour une fiche qui ne mentionne aucune origine administrative. La seule et unique séance de sensibilisation qu’il a eue n’a malheureusement pas permis aux élus de maîtriser le remplissage desdites fiches. 

Pour l’heure, nous continuons de délivrer les attestations de résidence puisque la délivrance du certificat de résidence n’était pas de nos prérogatives. Etant donné qu’il n’y a pas de note officielle mentionnant le remplacement de l’attestation par le certificat à notre niveau, on ne peut que continuer suivant les anciennes normes. Ghislain Ahidé, CQ Marina PK10.

Le collectif des CQ de la commune de Sèmè-Podji entend se retrouver pour une Assemblée générale au cours de laquelle il portera à la connaissance des différentes autorités non seulement leurs récriminations, mais également leurs propositions étant donné que ces élus ont été écartés dans la mise en place de ladite réforme.

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