
Deux artistes ivoiriens, Yodé et Siro, sont privés de circuler librement durant les 12 prochains mois. Et ce, pour avoir tenu des propos « dévalorisants » à l’endroit du procureur de la République ivoirienne, Adou Richard.
« Le procureur là, il n’est plus procureur, il est procureur d’un seul camp. C’est quel pays ça là. Allez-y dire au procureur Adou Richard qu’un mort, c’est un mort. On ne passe pas son temps à chercher les petits Baoulés dans les villages pendant qu’ici, les gens sont avec des machettes et ils sont identifiés ». C’est la phrase qui a coûté un an d’emprisonnement ferme pour Yodé et son compagnon de lutte.
A (re) lire : Culture: Voici les lauréats des Black Music Honors Awards 2020 (photos)
À l’occasion d’un concert tenu le 29 novembre 2020, Siro avait craché les mots, ci-dessus. Convoqués ce mercredi 2 décembre, pour répondre de ces propos, ils seront mis en garde à vue pendant 24h. Leur procès a eu lieu ce 3 décembre. Les deux dénonciateurs ne seront plus relâchés à l’issu de ce procès.
Après un peu plus de deux heures de procès, le verdict tombe. Le procureur requiert 24 mois d’emprisonnement avec sursis et 5 millions de francs CFA contre les eux. Ils vont finalement écoper de 12 mois d’emprisonnement et cinq millions d’amende chacun avec une période probatoire de 5 ans, grâce au juge chargé de l’affaire.
Le peuple ivoirien dénonce cette condamnation des deux artistes. « Juste un rappel : Yodé et Siro dénonçaient le régime du président Bédié. Ceux qui les persécutent et les condamnent aujourd’hui les congratulaient hier. Alors que votre définition et vision de la justice ou d l’injustice sont à géométrie variable, Yodé et Siro sont toujours fidèles à la philosophie zouglou : dénoncer, décrier les tares de notre société. Soutien à Yodé et Siro », a publié, Charles Blé Goudé sur son compte Facebook après leur convocation.
A (re) lire : Cinéma : De mère en fille de Aïda Touihri au Phoenix festival de Toronto
D’autres artistes ivoiriens tels que DJ Kerozen et Baby Philip ont également dénoncé la condamnation de leur compatriote. Toujours est-il que la condamnation est prononcée, ils ne sont plus libres pour un moment.