L’archevêque de Bangui appelle à un sursaut patriotique des Centrafricains

Craintif d’un retour à la scène qui s’est produite en 2013 en Centrafrique, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, appelle aussi bien les acteurs politiques que les citoyens à une prise de conscience pour éviter le pire.

Dans une interview accordée à Rfi, le prélat s’est montré inquiet et préoccupé de la situation qui prévaut dans son pays. Il dénonce en effet, les discours de violence et de haine tenus par des compatriots sur la base du bras de fer opposition-mouvance qu’a engendré le projet de révision constitutionnelle du President Faustin Archange Touadéra.  

« Il faut arrêter telle personne » ou bien encore « nous devons fracasser les jambes de telle personne ». C’est le genre de discours auquel l’homme religieux s’interpose et scande un “je dis non”. 

Autrefois artisan de paix lors de la crise qui naquit en 2013, le cardinal n’a aucune envie de revivre une autre dont les actions des uns et des autres laissent entrevoir une possible réédition. 

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“Tout commence par les mots. Ce que nous avons vu dans le passé, où on commençait à traiter les autres comme des ennemis, et les ennemis devenus des réalités, on a considéré certains comme des diables et il fallait les éliminer.” Cardinal Dieudonné Nzapalainga à Rfi.

Il assure de ce que ces discours haineux vilipendés sur les réseaux sociaux ou dans les rues peuvent être le feu qu’on met aux poudres. Il y en a qui, sans recul, mettront ces ordres en action et caillasseront, blesseront et tueront. Pour l’homme de Dieu, la population devrait laisser les juridictions et services de sécurité compétents s’occuper des différends plutot que de chercher à obtenir justice par la violence. 

A propos de la revision de la constitution engagée par le president Touadéra et qui a conduit à ce contexte, il affirme :

“Nous devons respecter ce qui est prévu par la loi pour le bien de ce pays. Pour arriver à cette démarche, il faut un Sénat, il faut que l’Assemblée se prononce. Le Sénat n’est pas encore là, l’Assemblée seule ne pourra pas suffire. Donc, nous pensons qu’il va falloir accepter de mettre en place le Sénat et après, on pourra faire les choses dans l’art. Mais je le dis en même temps, si la Cour constitutionnelle pense que la démarche que nous enclenchons ne cadre pas avec ce qui est prévu par les articles de la loi, nous devons avoir beaucoup d’humilité et nous incliner pour préserver une paix sociale et envisager un avenir heureux pour ce pays.”

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Aussi voit-il d’autres priorités, d’autres défis, qui peuvent se passer de la Constitution

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