Chronique de Nelie : Xénophobie en Afrique du Sud, quand la frustration sociale devient violence

La Xénophobie en Afrique du Sud devient annuelle. Et derrière les violences xénophobes qui secouent régulièrement l’Afrique du Sud, il y a une réalité que beaucoup préfèrent ignorer; une colère sociale ancienne, profonde, et mal résolue.

Point besoin de nous rappeler les drames de l’idéologie ségrégationniste de Peter Botta et en face la résistance de l’ANC de Nelson Mandela qui a fini par payer. La fin de l’apartheid. Une victoire célébrée par le monde entier. Frédéric de Kelck et Nelson Mandela ont travaillé à la naissance de la nation arc-en-ciel. 

Mais derrière cette victoire symbolique, un compromis fondamental a été fait, celui de préserver en grande partie les structures économiques héritées du passé aux mains des Afrikaners et le pouvoir politique aux mains des Noirs africains. Ce choix, négocié notamment entre les deux parties, a permis d’éviter le chaos. Mais, il a aussi laissé intactes des inégalités profondes.

Oui, des politiques correctives ont vu le jour, ce qui a permis l’émergence d’une élite noire. Oui, des opportunités ont été créées. Mais pour une grande partie de la population des townships, la promesse d’une vie meilleure reste encore aujourd’hui une attente non satisfaite. Et c’est là que naît le danger.

Quand les inégalités persistent, quand les jeunes n’ont ni emploi ni perspectives, quand l’État semble lointain ou impuissant, la frustration cherche une cible. Elle se transforme. Elle se déplace. Elle explose. Et trop souvent, cette colère se tourne vers le plus vulnérable : l’étranger africain. Nigérians, Congolais, Zimbabwéens et autres accusés de “prendre les emplois”, de “voler les opportunités”. Ils deviennent les boucs émissaires d’un malaise bien plus profond. Mais la vérité est plus dérangeante puisque le problème n’est pas l’étranger.

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Le problème, c’est une justice sociale inachevée. Et surtout la réforme agraire qui n’a pas été au bout lançant aux mains des fermiers, 80% des terres. Les violences xénophobes ne sont pas seulement des actes de haine. Elles sont aussi le symptôme d’un contrat social fragilisé. Face à cela, le silence ou l’indifférence ne sont pas des options. En tant qu’Africains, en tant que défenseurs des droits humains, nous devons refuser cette logique de division. Car aujourd’hui, c’est l’étranger qui est ciblé. Demain, ce sera peut-être le voisin. Ou la femme. Ou toute autre personne vulnérable.

La violence ne disparaît pas. Elle change simplement de visage. L’Afrique du Sud nous envoie un message clair, sans justice sociale, la paix reste fragile. Et pour finir, la dignité humaine n’a pas de nationalité. C’est un rappel.

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