
Portée par Terra Industries, une entreprise technologique de défense africaine, cette nouvelle installation, dont l’ouverture est prévue pour juin 2026, ambitionne de produire jusqu’à 50 000 unités par an. La mise en place imminente de ces drones de grande capacité marque l’émergence d’un outil industriel encore rare sur le continent.
Au-delà de l’aspect purement industriel, c’est la stratégie qui se dégage qui est vraiment intéressante. L’usine doit produire des drones de surveillance, de projection tactique et d’interception, dans un contexte où les usages militaires de ces technologies se diffusent rapidement sur le continent. Cette dynamique ouvre la voie à l’émergence d’une production locale, dans un secteur encore largement dominé par les importations.
Située à Accra, au Ghana et créée en 2024, la société Terra Industries fait prospérer un écosystème complet de défense autonome de drones, véhicules terrestres sans pilote et systèmes maritimes orchestré par sa plateforme logicielle ArtemisOS. Une infrastructure de plus de 3 150 m² sera une fois opérationnelle d’ici juin 2026.
Ces drones, conçus pour la surveillance, la frappe et l’interception, tels que les modèles Archer, Iroko et Kama, répondent à une demande croissante sur un continent marqué par une recrudescence des conflits et l’évolution rapide des menaces surtout djihadistes. L’investissement de 34 millions de dollars issu d’une récente levée de fonds, permettra de renforcer les capacités industrielles et les équipes d’ingénierie de Terra Industries, affirmant ainsi sa volonté de devenir un acteur majeur sur le marché stratégique des systèmes aériens.
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Ce projet d’envergure s’inscrit dans une démarche plus large de renforcement de la souveraineté africaine en matière de défense. Face à une dépendance historique vis-à-vis des fournisseurs étrangers, notamment turcs, chinois et occidentaux, Terra Industries milite également pour le développement de capacités de production locales. Nathan Nwachuku, directeur général, souligne “l’importance cruciale de cette autonomie pour assurer une paix durable, arguant que la construction de propres technologies de défense est un gage de sécurité et de stabilité à long terme”.
Le choix du Ghana comme site de cette usine d’exception n’est pas anodin. Ce choix témoigne de la disponibilité de compétences techniques qualifiées et de l’ambition du pays à s’ériger en hub industriel régional. L’usine « Pax-2 » devrait, à terme, générer environ 120 emplois directs, contribuant ainsi au développement économique et technologique du pays.






