Ciudad de la Paz, nouvelle capitale de la Guinée équatoriale

L’érection de Ciudad de la Paz au rang de nouvelle capitale de la Guinée équatoriale représente un acte fondateur visant à refonder l’État sur les piliers de la sécurité, de l’équité territoriale et de la souveraineté moderne.

La République de Guinée équatoriale a franchi une étape institutionnelle et territoriale majeure avec la proclamation officielle de Ciudad de la Paz (Cité de la Paix), chef-lieu de la province de Djibloho, en tant que nouvelle capitale nationale. Cette décision d’une portée stratégique a été formalisée par le Président de la République lors d’une cérémonie solennelle, tenue le vendredi 2 janvier 2026, conformément aux informations diffusées par l’Agence de Presse Africaine (APA).

L’annonce a eu lieu au siège de la présidence du gouvernement à Djibloho. L’événement a réuni l’intégralité des plus hautes autorités de l’État, attestant de l’importance primordiale de cette proclamation. Parmi les personnalités de haut rang figuraient notamment le Vice-président de la République, la Première Dame, ainsi que l’ensemble des responsables gouvernementaux et des officiers militaires supérieurs. La déclaration institutionnelle du Chef de l’État a ainsi marqué le début d’un processus de refondation structurelle pour la nation équato-guinéenne.

Dans son allocution, le Président Obiang Nguema a exposé les motivations stratégiques qui sous-tendent ce transfert de capitale. Les raisons invoquées s’articulent autour de la préoccupation majeure qui réside dans la vulnérabilité des précédentes capitales, Malabo et Bata, face aux menaces exogènes. Le Chef de l’État a rappelé les tentatives d’agression subies par les sièges gouvernementaux par voie maritime, ainsi que la tentative de coup d’État déjouée en 2017 à proximité de la frontière camerounaise, soulignant la nécessité impérieuse de positionner le centre névralgique du pouvoir dans un site plus sécurisé et plus central.

Après 57 années d’indépendance, cette décision symbolise une volonté manifeste de s’affranchir des structures héritées de la période coloniale. Le déplacement vers une ville nouvelle, conçue selon un plan directeur, s’inscrit dans une démarche de consolidation d’une identité étatique pleinement souveraine et moderne. Le Président a souligné la nécessité d’assurer une répartition plus équitable des richesses et des opportunités sur l’ensemble du territoire national. En déplaçant la capitale vers le cœur de la région continentale, le gouvernement ambitionne de désengorger les pôles urbains traditionnels et de dynamiser le développement économique de l’intérieur du pays. À cet égard, il a cité les précédents internationaux du Nigéria, qui a transféré sa capitale à Abuja, et du Brésil, qui l’a déplacée à Brasilia, comme exemples de référence.

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Le processus de transition vers Ciudad de la Paz est rigoureusement planifié et encadré. Le Vice-président de la République a précisé, via le réseau social X, qu’un délai d’une année est alloué pour parachever le transfert institutionnel complet et l’installation progressive des diverses structures de l’État.

La Cité de la Paix présente des atouts logistiques considérables tels que l’accessibilité optimale, la création d’emplois et la stabilité politique et la régulation migratoire. Sise au centre de la région continentale, elle a été conçue pour être accessible depuis tout district du pays en un laps de temps inférieur à trois heures, optimisant ainsi l’administration et la connectivité interne. Les infrastructures étendues, déjà érigées ou en cours de construction dans la nouvelle capitale, sont destinées à générer des milliers d’emplois, contribuant significativement à l’atténuation du chômage et au dynamisme économique local. Au-delà des considérations sécuritaires et économiques, cette relocalisation poursuit un double objectif : garantir une stabilité politique accrue en éloignant le pouvoir des zones côtières potentiellement instables, et réguler les flux migratoires internes qui tendent à surcharger les métropoles traditionnelles telles que Malabo et Bata.

L’érection de Ciudad de la Paz au rang de nouvelle capitale de la Guinée équatoriale représente un acte fondateur visant à refonder l’État sur les piliers de la sécurité, de l’équité territoriale et de la souveraineté moderne.

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