
Dans l’objectif d’être plus inclusive et d’atteindre une plus grande démocratisation de l’accès aux services financiers, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) va bientôt émettre une monnaie digitale. C’est l’annonce qu’a faite le gouverneur de ladite Banque lors de la clôture de l’African Financial Industry Summit qui s’est tenue à Lomé -Togo- les 28 et 29 novembre.
« Nous travaillons nous même aujourd’hui sur une monnaie digitale pour venir compléter toute la panoplie de l’utilisation qu’on a déjà de la monnaie électronique dans l’espace mobile Banking ». Ainsi s’est exprimé Jean Claude Kassi Brou, gouverneur de la BCEAO. Il était aux côtés de ses collègues Dr Ernest Addison, gouverneur de la banque centrale du Ghana, Dr Denny Kalyalya, gouverneur de la banque centrale de Zambie, l’honorable John Rwangombwa, gouverneur de la banque de Rwanda, et du professeur Carlos Lopez, honoraire à l’université de Cap Town. Cette annonce intervient dans un moment où la monnaie digitale se présente comme une solution, une opportunité et même une nécessité.
« Que ce soit à travers les services d’épargne, les services de paiement, les services de transfert, les monnaies électroniques permettent des réductions importantes des coûts des activités, une transparence accrue grâce aux réseaux électroniques (qu’empruntent les systèmes, ndlr). Et je pense que des banques centrales sont fortement engagées dans ce processus. Puisque c’est devenu incontournable et inévitable. Et cela participe d’un de nos objectifs majeurs qui est l’inclusion financière. C’est -à -dire d’aller au-delà des banques, et toucher des personnes à revenus faibles pour une plus grande démocratisation de l’accès aux services financiers. C’est vraiment essentiel ».
Mieux, la BCEAO a enregistré une croissance du taux d’inclusion financière de 45 % à 67 % avec sa stratégie d’inclusion financière 2016-2021 où des autorisations d’utilisation de monnaies électroniques ont été accordées aux Fintech.
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Si la monnaie digitale est bien une solution, il faut, pour qu’elle soit plus efficace, la débarrasser de tous les complexes qui l’accompagnent. C’est dans ce cadre que le gouverneur a annoncé que des mesures seraient prises en vue de la réglementation « claire, précise et transparente », en tenant compte des fraudes, du blanchiment d’argent et de la cybercriminalité.
Il est aussi revenu sur la question des crypto-monnaies. Pour lui, elles ne sont pas des monnaies mais des «crypto-actifs». Les monnaies électroniques, à l’en croire, apportent une contribution directe et propre au paysage et à l’ensemble du secteur financier, tandis que les crypto-actifs sont « des produits ou des actifs financiers très risqués ».
Avertissant les utilisateurs de ces crypto-monnaies, il précise que ce secteur ne sera pas exempt de régulation du moment où il existe et s’opère dans un paysage financier.