
Pour lutter contre les attaques terroristes, le consortium « Beni Usalama » a, au cours des assises communautaires, amorcé la mise en place d’un plan local conjoint de sécurité (PLCS). C’est dans le cadre du projet « Jiwe langu kwa usalama wa Beni », exécuté à Beni, territoire situé dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo.
Des participants ont rapporté des signes avant-coureurs qui pourraient permettre de dénicher en avance les zones ciblées par les attaques terroristes. Ceci pour anticiper des mesures de contre-attaque face aux semeurs des troubles. Pour ce faire, les séances portant sur les réunions d’analyse du contexte et de la fréquence de violences terroristes ont été initiées.
Parmi les signes évoqués, les plus saillants concernent le maraudage ou phénomène de vol de récolte dans les champs, les dépôts des aliments qui se vident très vite, la multiplicité des chambres et veillées de prière, les débits de boisson, apparition des personnes suspectes. Il y a également des enrichissements de certains sans sources de revenus claires et bien d’autres.
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Réticence des habitants à aborder des questions sensibles
Les participants n’ont pas manqué de soulever également la question liée à la culture du cacao et son impact sur la sécurité précaire qui s’observe dans la région. Il est constaté que la population fait preuve de réticence quant à la question liée à l’impact sécuritaire du cacao.
De peur que ladite culture, dont dépend la survie de plusieurs familles, ne court le risque d’être interdite. Plus fort encore, la population ne veut pas se poser sérieusement la question de la provenance de fonds permettant aux terroristes ADF/Nalu de financer leurs actions inciviques.
À côté du cacao s’impose la culture d’autres vivres
Il en résulte que le cacao freine les autres cultures en créant une dépendance aux produits vivriers provenant de l’autre côté de la frontière, en Ouganda. Encore que, elle accentue l’exploitation fortuite des habitants par la société d’exploitation étant donné que le prix est fixé unilatéralement par société.
Il s’impose donc, de toute urgence, que les habitants prennent conscience et comprennent qu’à côté de la culture du cacao, ils devront adopter la culture d’autres vivres.
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« Il faut noter que la culture du cacao tue la possibilité d’autonomie alimentaire de la chefferie qui peut très vite se muer en insécurité et autres violences. Un peuple qui ne produit pas sa nourriture court le risque de se faire empoisonner car dépendant des autres. Le cacao ne sera profitable aux peuples que si à côté, une production agricole locale est maintenue », martèle le rapport trimestriel dudit projet.