Bénin : Voici ce que sont devenus les anciens journalistes de Soleil FM

L’univers médiatique béninois a connu la présence d’une fréquence, celle de 106 FM que possédait l’opérateur économique, Sébastien Germain Ajavon. Mais après seulement quelques années d’émission, la fréquence de cette radio a été retirée. Près de deux ans après son arrêt, nous vous faisons un zoom sur ce qu’est devenu le personnel de cette radio.

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Le 18 décembre 2019 à minuit, la fréquence de la radio Soleil FM, 106 MHZ s’est éteinte, donc, n’est plus à l’antenne. Il s’agit d’une fermeture intervenue après que l’opérateur économique, Sébastien Germain Ajavon, promoteur de cette radio, n’a pas pu renouveler sa licence d’exploitation. Alors que le directeur d’alors, Jérôme Kassa avait entamé les démarches du renouvèlement depuis trois (3) mois plus tôt, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) n’a donné suite à ses démarches qu’à 3 jour de la date d’expiration de la licence et avait exigé la présence, en personne, de son promoteur, devenu entretemps, opposant politique et exilé en France.

Evénement 

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Après dix-sept (17) mois de suspension de la fréquence de cette radio, les journalistes, techniciens et personnel de cette maison ont fait fortune diverse. Alors que les quarante et un employés de cette radio privée Soleil FM avaient tous subi un licenciement collectif, Sunvi Média vous présente un zoom sur certains journalistes après fermeture et leur vie professionnelle d’aujourd’hui.

Il a su mettre son expérience et sa sagesse au service de la jeune génération. Son professionnalisme et son pragmatisme n’étaient plus à démonter. Lui, c’est Jérôme Kassa, le second et dernier directeur en date de la radio Soleil FM.  Après la fermeture de la fréquence, il a passé quelques mois chez lui, dans la commune de Ouidah avant de saisir l’opportunité que lui a offerte Sikka TV, la chaîne de télévision de son employeur, Sébastien Germain Ajavon.

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Désormais sur cette télévision du droit français, Jérôme Kassa qui avait pourtant disparu des écrans télé après son départ de Golf TV, réapparait avec de nouvelles émissions à lui proposées par Idéal production, partenaire et maison de production des émissions de Sikka TV.

Avec lui sur cette chaîne, ses anciens collaborateurs de la radio Soleil FM. Saturnin Djossou, ancien rédacteur en chef de cette radio s’est aussi positionné à Idéal production comme un des présentateurs désormais vedettes de la chaîne Sikka TV. Natif de la commune d’Akpro-Missérété, ce journaliste n’a fait que carrière à la radio. De la radio Gerdess FM à Soleil FM en passant par la radio Wèkè, Saturnin Djossou a voulu, après son licenciement, tenter l’aventure de la télévision afin de sortir de sa zone de confort. Une expérience qui lui marche bien suivant ses propos.

Mais Idéal Production ne s’est pas contenté de ces deux responsables. Elle a aussi porté son choix sur Réné Tatu, responsable de la direction technique de la radio Soleil FM. Technicien de son état, il exerce à Idéal Production derrière les écrans et se charge des post-productions des émissions et magazines, des différentes chaînes des réseaux sociaux de la télévision Sikka TV et du site internet de cette dernière.

On aurait aimé l’équilibre genre dans le choix de Idéal production quant au recrutement des anciens travailleurs de Soleil FM, mais hélas. Contrairement à leurs sœurs collègues, Halilatou Dramane et Bénédicta Vera Cruz ont pu obtenir un contrat de travail avec cette maison. Un nouvel emploi certes, mais toujours avec leur ancien employeur.

Alors que les rumeurs font état de ce que la même proposition de Idéal Production avait été adressé aux autres qui ont décliné l’offre, le public a tôt fait de découvrir une nouvelle génération de journaliste en web radio. Virgile Ahouanssè, ancien délégué du personnel de la radio Solei FM, a associé quelques-uns de ses collaborateurs pour créer Crystal News, une web radio, la première du genre au Bénin avec autant de contenus.

Avec lui, Jean-Luc Gadji, le locuteur Xla tous les 10h en semaine, Antonin Labitan, locuteur Yoruba et Nago, Ghislain Agbahoungba, technicien, Patrice Avala, journaliste présentateur et Nellie Dodjinou, la dame chroniqueuse politique et madame justice, comme l’appelaient affectueusement ses anciens collègues.

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A la fermeture de la radio, Joël Tchogbé, un des jeunes journalistes chroniqueurs qui s’est vite frayé un chemin a automatiquement signé un contrat avec une télévision en ligne, Bi news. Malgré la proximité de ce média au pouvoir en place, le jeune journaliste n’a pas manqué de s’affirmer et d’exercer professionnellement son métier au sein de cet organe. Il y est jusqu’à présent d’ailleurs.

Toujours à la recherche de la stabilité professionnelle

Parmi le personnel de cette radio fermée, des journalistes ont préféré s’investir autrement en attendant la signature d’un contrat de travail digne du nom. Au moment où certains sont devenus des collaborateurs externes sur certaines radios, d’autres se sont engagés dans l’entreprenariat.

Jules Agbodjanto, locuteur Fon sur Soleil FM est devenu chroniqueur politique sur Radio Kpassè, Ouidah, cité historique du Bénin. Il est en attente d’un contrat de travail et pourrait aussi accepter toute autre offre du genre.

Josline Zossoungbo, l’une des belles voix féminines de la radio est actuellement à la maison aussi en attente d’un contrat de travail. Après son court passage à la radio interne d’un opérateur GSM au Bénin, elle aurait pu signer un contrat avec Idéal production si elle n’avait pas décliné cette offre d’emploi.

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Quant à l’homme de l’Info décalée, Ulrich Atindéhou, il dit avoir abandonné presque la profession. Ne voulant plus continuer dans cette corporation, il s’est lancé dans l’entreprenariat. Le secteur dans lequel il investit n’est pas spécifique puisqu’il explore beaucoup de pistes afin de mieux se décider à la fin.

Mohamed Liamidi, le plus jeune des techniciens de la radio en son temps, s’est reconverti journaliste et intervient dans la cellule de communication politique du parti Restaurer la confiance (RLC), une des formations politiques de l’opposition qui a participé au dernier scrutin présidentiel au Bénin.

Quant à Gabin Azoman, il opère au sein d’une cellule de communication d’une ONG qui intervient dans l’environnement. Un secteur qui l’a d’ailleurs toujours passionné même quand il était sur la radio Soleil FM.

L’ancien chef programme de la radio, Vahid Codjia est également sans contrat professionnel jusqu’à présent. Toutefois, il s’est investi dans l’entrepreneuriat culturel et dévoue tout son combat à la culture du Bénin. Tout comme lui, Martial Dossou, Domal, a repris avec ses prestations live pour des animations culturelles et joue au maître de cérémonie. Une activité qu’il avait toujours exercé en parallèle même étant en activité sur la radio.

Quid des chroniqueurs et des correspondants ?

La situation des chroniqueurs et des correspondants n’a pratiquement pas changé à part leur intervention sur la radio, désormais fermée. Abdoulaye Issa, correspondant de la radio au Nigeria, continue avec son contrat au sein de la rédaction Afrique Hausa de Rfi. Toutefois, il collabore avec Crystal news, la web radio que dirige aujourd’hui son ancien délégué de personnel, Virgile Ahouanssè.

François Fanou, Cyr Libastou Adjadémè, Rigobert Dansoukpè et Ismaël Sikirou ont soit continué leur contrat avec leurs anciens employeurs, soit se sont engagés dans d’autres activités.

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En ce qui concerne les chroniqueurs, ces derniers ont, pour la plupart, continué leur profession d’antan. Josaphat Dah-Bolinon, chroniqueur média et politique et qui intervient sur l’émission les titres en débat tous les matins en semaine a poursuivi son contrat avec le site panafricain Hémicycles d’Afrique, spécialisé dans les actualités parlementaires et des conseils communaux d’Afrique.

Alphonse Moïse Soudé, chroniqueur politique sur l’émission Boulevard des opinions tous les soirs en semaine, a eu une promotion dans son service. Enseignant de formation et de profession, cet ancien chroniqueur est désormais le surveillant général du collège protestant Gbéto, Cotonou.

En somme, la vie n’a pas été aussi tendre avec ces journalistes qui avaient pourtant révolutionné le monde radiophonique béninois. Ceci, à travers leurs analyses et leur regard sur l’actualité sociopolitique du pays. Mais une telle équipe serait encore sur place avec les programmes de la radio, si leur promoteur, Sébastien Germain Ajavon, ne s’était pas engagé en politique et déclaré opposant du pouvoir de Patrice Talon.

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