
Au cœur chaleureux de l’Afrique de l’Ouest, où les rythmes de la vie rythment la terre, je me positionne en tant que militant de l’action climatique et conteur environnemental.
Poussée par l’urgence d’un climat en évolution rapide et par les voix souvent étouffées des femmes, j’ai ressenti un élan d’impatience à l’idée de la 29e session de la Conférence des Parties (COP29) à Bakou, en Azerbaïdjan. C’est là que les décisions mondiales prennent forme et que les gens s’unissent pour lutter contre la crise climatique. Pourtant, alors que je parcourais le programme de la conférence, une prise de conscience effrayante m’est venue – une reconnaissance qui m’a serré le cœur. Égalité des genres, droits autochtones, biodiversité, océans et zones côtières. Ces questions cruciales, chacune intimement liée à l’urgence climatique, sont programmées pour le dernier jour de la COP29, le 21 novembre, quelques heures seulement avant la clôture de la conférence le 22 novembre 2024. Comment ces sujets cruciaux, vitaux pour un avenir durable, peuvent-ils être relégués aux derniers points de l’ordre du jour ? Les militants et les défenseurs qui se sont battus sans relâche pour ramener le genre à la table des négociations se retrouvent une fois de plus confrontés à sa place, pratiquement à la fin.
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Certains diront peut-être : « Au moins, c’est à l’ordre du jour », comme si cela devait suffire. Mais la vérité est plus frappante. De nombreux participants, déjà las après deux semaines de discussions, s’apprêteront à partir, l’esprit concentré sur leurs propres priorités, passeports en main. L’égalité des sexes – une question profondément ancrée dans la vie des femmes qui subissent le poids de l’injustice climatique – ne sera entendue que par une fraction de ceux qui pourraient réellement impulser le changement.
La lutte silencieuse des femmes
Je pense aux femmes rurales du Ghana, dont la vie est perturbée par les changements climatiques : des femmes qui marchent des kilomètres pour aller chercher de l’eau, qui luttent pour cultiver de la nourriture pour leur famille, qui perdent tout dans les tempêtes. Ces femmes portent le plus lourd fardeau de la crise climatique, mais leurs voix restent en périphérie, entendues seulement lorsque le temps presse. Malgré d’innombrables appels en faveur de l’équité entre les sexes, d’une représentation équitable et d’une véritable place à la table des négociations, cette injustice se répète encore et encore.L’hypocrisie est profonde. Nous parlons d’égalité des sexes, mais combien de femmes ont reçu une accréditation pour assister à cette conférence cruciale ? Le ministère ghanéen de l’Environnement, de la Science, de la Technologie et de l’Innovation (MESTI) m’a refusé l’accréditation – un obstacle qui persiste sans explication. Je ne peux pas rester silencieuse parce qu’il ne s’agit pas seulement de moi : il s’agit de chaque femme qui se bat pour être entendue, de chaque femme qui mérite d’être aux côtés de ceux qui prennent les décisions qui ont un impact sur sa vie.
Alors que la crise climatique ravage la planète, il existe une injustice indubitable : les voix des femmes sont réduites au silence et leurs points de vue ignorés. Imaginez une jeune fille, déplacée par la montée des eaux, et son avenir incertain. Sa mère, agricultrice, a du mal à s’adapter au flétrissement des cultures et à la diminution de l’eau. Ce ne sont pas seulement des statistiques : elles représentent le visage de la résilience climatique.
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Pourtant, lorsque les dirigeants mondiaux se réunissent à la COP dans le cadre de la CCNUCC, les femmes sont manifestement absentes. La table de négociation, où sont prises les décisions qui changent la vie, reste un domaine dominé par les hommes. Nous parlons d’égalité des sexes, mais sans opportunités tangibles, ce n’est que de la rhétorique.
Il est temps de briser le plafond de verre. Les voix des femmes doivent résonner dans les couloirs du pouvoir. Leurs idées doivent façonner la politique climatique. Nous ne pouvons pas construire un avenir durable sans les plus vulnérables au changement climatique.
La justice commence ici
Les enjeux sont élevés et les conséquences désastreuses. Des températures en hausse, des tempêtes dévastatrices et des terres desséchées : tels sont les coûts de l’exclusion. Mais l’inclusivité offre de l’espoir et une voie vers la réalisation des ODD 5 et ODD 13 de l’ONU. La participation des femmes suscite l’innovation, favorise la résilience et garantit la justice climatique.
À l’avenir, le genre doit être une priorité, au même titre que la finance, l’énergie et l’innovation. Les barrières doivent être supprimées ; la force des femmes doit être exploitée. Lorsque nous soutenons les femmes, nous autonomisons des communautés entières, nous renforçons les nations et nous faisons de réels progrès vers un monde juste et vivable pour tous. L’égalité des sexes doit être plus que le dernier point à l’ordre du jour : elle doit être le fondement de toute conversation sur l’action climatique.
Par Afia Agyapomaa Ofosu, Journaliste scientifique et technologique verte | Militante pour le climat | Consultante en communication | Stratège en médias numériques | Spécialiste en relations publiques
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