
Arraché par les colons (autorités coloniales françaises) en 1916, ce tambour parleur sacré, un objet si emblématique, a été rapatrié après un siècle d’exil , soit 100 ans , suscitant un profond sentiment de fierté et de justice.
Le Djidji Ayokwé, tambour parleur, n’était pas un simple instrument de musique. C’était un outil de communication stratégique car il prévenait les villages des descentes coloniales pour le travail forcé et également servait de lien sacré pour la transmission de messages codés entre communautés. Sa restitution, après des années de négociations diplomatiques et juridiques avec le musée du Quai Branly, est saluée comme un « acte de justice » par Françoise Remarck, ministre ivoirienne de la culture et de la francophonie.
Le tambour, qui était exposé aussi longtemps au musée du Quai Branly, est arrivé au petit matin de ce vendredi par un vol spécial affrété par le gouvernement ivoirien. Enfermé dans une caisse imposante, portant les mentions « fragile » et « lourd » (4 mètres de long, 430 kilos !), il a été accueilli par une cérémonie sobre mais chargée d’émotion. Les communautés Bidjans, aux côtés de personnalités officielles dont l’ambassadeur de France et le représentant de l’Unesco, se sont rassemblées dans la cour du pavillon présidentiel de l’aéroport.
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« C’est un jour historique, un moment de justice et de mémoire », a déclaré Françoise Remarck, la ministre ivoirienne de la Culture. « Son retour est un message pour nos jeunes qui ont décidé de s’approprier leur histoire. » La danse guerrière des chefferies traditionnelles a salué l’arrivée du tambour, symbole de communication et de résistance. « Ce n’est pas qu’un objet, c’est une partie du peuple Atchan. C’était la pièce manquante de notre puzzle qui aujourd’hui se trouve complet », a affirmé Guy George Aboussou Mobio, chef traditionnel d’Adjamé-Bingerville.
Le Djidji Ayokwé, qui servait à transmettre des messages rituels et à alerter les villageois, va maintenant entamer une période d’acclimatation. Une fête nationale sera prochainement organisée pour célébrer ce retour tant attendu. Il sera ensuite exposé au Musée des Civilisations, restauré spécialement pour l’accueillir. Notons que ce rapatriement est une victoire pour la Côte d’Ivoire, qui avait réclamé cet objet parmi une liste de 148 biens culturels. Il marque une étape importante dans la préservation du patrimoine et le renforcement de l’identité ivoirienne.






