Les langues nationales au cœur du développement sénégalais

Cette rencontre a permis de mettre en lumière le Modèle Harmonisé d’Enseignement Bilingue (Mohebs), lancé en 2019, qui s’impose comme un pilier de la réforme actuelle.

Lors de la récente conférence Yidan Prize 2026 à Dakar, le Sénégal a réaffirmé son ambition de transformer son système éducatif en valorisant les langues nationales. 

Pour le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, ce modèle ne vise pas seulement la performance scolaire; il est un levier d’inclusion et d’accès, permettant à chaque Sénégalais de contribuer activement au développement du pays.

Toutefois, la généralisation de cet enseignement comporte des défis structurels importants. Selon Mor Diakhaté, directeur exécutif de l’ONG Alphabétiser pour un Développement Durable, la réussite du projet dépend de trois facteurs clés : la formation des enseignants, la codification rigoureuse des langues et un travail de sensibilisation nécessaire auprès des familles pour lever les appréhensions liées à l’apprentissage en langue maternelle.

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Au-delà de la maîtrise linguistique, l’objectif est d’encourager l’innovation. Albert Nsengiyumva, directeur de l’Association pour la recherche et l’éducation pour le développement, souligne que l’enjeu dépasse le simple cadre de la lecture et de l’écriture. Il s’agit de cultiver, via ces langues, la créativité et les compétences socio-émotionnelles des élèves.

Alors que l’enseignement reste encore largement dominé par le français, l’État sénégalais affiche une volonté claire d’intégrer les langues nationales dès l’école élémentaire, transformant ainsi l’éducation en un véritable outil de préservation et de valorisation de l’identité culturelle nationale.

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