
Premier producteur de pétrole en Afrique, le Nigeria entend augmenter sa production journalière de pétrole afin d’atteindre 1,4 voire 1,7 million de barils par jour.
Le pétrole, pilier de l’économie nigériane, représente environ 90 % des recettes d’exportation et plus de 40 % des recettes budgétaires de l’État fédéral. En 2025, le secteur pétrolier a généré environ 37 milliards de dollars de recettes d’exportation, contre 34 milliards de dollars l’année précédente. Cependant, après avoir atteint un record de 2,47 millions de barils par jour en novembre 2005 et une production moyenne de 2,28 millions de barils par jour en 2006, la production a constamment diminué, tombant à environ 1,15-1,30 million de barils par jour en 2022, cédant même temporairement la première place à l’Angola.
Malgré des réserves prouvées de plus de 37 milliards de barils, le Nigéria a peiné à inverser cette tendance baissière. Cependant, les nouvelles autorités se sont engagées à renverser la situation, et plusieurs mesures ont été prises. Les résultats, bien qu’en deçà des objectifs initiaux, sont encourageants.
En octobre 2024, les autorités nigérianes ont lancé le « Project One Million Barrels » (POMB), une initiative de la Commission de régulation du secteur pétrolier en amont (Nuprc). L’objectif est d’ajouter un million de barils par jour en 12 à 24 mois, faisant passer la production quotidienne de 1,46 million de barils par jour à 2,5 millions de barils par jour d’ici fin 2026. À long terme, le gouvernement vise une production de 4 millions de barils par jour.
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À la mi-2025, le projet avait déjà permis d’injecter environ 300 000 barils par jour, augmentant la production à 1,7-1,8 million de barils par jour. Toutefois, la production n’a pas été stable, et la production moyenne de pétrole brut s’est établie autour de 1,52 million de barils par jour en 2025. La lutte contre le siphonage a également porté ses fruits, réduisant les volumes de brut détournés par les trafiquants. Les autorités ont collaboré avec les entreprises exploitant les gisements pétroliers et renforcé les mesures de sécurité. Le siphonage était l’une des principales causes de la baisse de la production, décourageant les majors pétroliers. Selon les autorités, le siphonage faisait perdre entre 300 000 et 500 000 barils par jour au pays.
En outre, les réformes structurelles menées par les autorités pour attirer les investisseurs étrangers ont eu un impact significatif. La mise en œuvre de la loi sur l’industrie pétrolière a instauré un régime fiscal plus transparent et prévisible, accélérant les procédures d’autorisation et relançant des projets.
Ces réformes ont entraîné d’importants investissements, notamment en 2025, avec 28 nouveaux plans de développement de gisements d’une valeur de 18,2 milliards de dollars, débloquant environ 1,4 milliard de barils de réserves de pétrole brut. Parmi ces projets figurent Bonga North (Shell), Ubeta Gas (Total Energies), Owowo West (ExxonMobil) et Preowei (Total Energies).
L’impact se ressent sur le terrain, avec une forte augmentation du nombre de plateformes de forage, passant de 8 en 2021 à près de 70 en 2025, dont une quarantaine en opération. Tous ces facteurs combinés à une efficacité opérationnelle accrue ont contribué à rehausser la production de brut du premier producteur de pétrole africain pour atteindre actuellement 1,6 à 1,7 million de barils de pétrole par jour.
Reste que la production fluctue fortement d’un mois à l’autre. Preuve que les autorités n’arrivent pas à rassembler le puzzle pour assurer une hausse régulière de la production du brut. Pour atteindre les objectifs fixés, le pays doit relever de nombreux défis dont la mise à niveau des infrastructures vétustes. A ce titre, il faut rappeler la mise en service d’un nouveau terminal pétrolier dédié à la production marginale dans le delta du Niger pour faciliter l’évacuation des volumes des petits producteurs.
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Cette augmentation de la production est une aubaine pour le Nigeria. D’abord, cette hausse va permettre l’approvisionnement de la méga raffinerie d’Aliko Dangote d’une capacité de traitement de 650 000 barils par jour. Ce d’autant que cette raffinerie est en cours d’extension pour porter sa capacité de raffinage à 1,4 million de barils par jour et devenir la plus grande raffinerie du monde.






