
Depuis le renouveau démocratique, les différents dirigeants qui se succèdent travaillent au quotidien pour améliorer la qualité de l’enseignement béninois. Un bond significatif a été fait et ce bond est encore visible ces dix dernières années.
Jadis quartier latin d’Afrique, le Bénin a failli sombrer dans une “poubelle intellectuelle” pour diverses raisons liées à la gestion des crises scolaires. Mais aujourd’hui, le Bénin essaie de redorer le blason de ce secteur avec des réformes aussi courageuses que prometteuses. Depuis 2016, la paralysie chronique, jadis de l’école béninoise, a laissé place à un système stabilisé qui permet à chaque enfant béninois d’avoir plus de chances de réussir à l’école.
En 2018, le gouvernement Talon avait introduit un projet de loi portant réformes des droits de grève en République du Bénin. Les députés, sans grande surprise, avaient adopté ce projet de loi. Dans la loi N° 2018-34 du 5 octobre 2018 modifiant et complétant la loi N° 2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin, il est expressément précisé en son article 13 que le droit de grève s’exerce dans certaines conditions de durée qui ne peuvent excéder 10 jours au cours d’une même année, 7 jours au cours d’un même semestre et deux jours au cours d’un même mois. Cette réforme avait fait couler beaucoup d’encre et de salive. Mais ce recadrage du droit de grève a permis de réaliser des performances scolaires bien spectaculaires.
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À l’arrivée, cette réforme, et bien d’autres dans ce secteur de l’éducation, a permis de faire remonter la courbe de la performance scolaire. Le taux de réussite est passé de 42% à 89% au Certificat d’étude primaire (CEP), de 16% à 77% au Brevet d’étude du premier cycle (BEPC) et de 30% à 73% pour le Baccalauréat.
Et pour atteindre ces performances, il avait fallu au gouvernement du Président Patrice Talon, la construction de 9 000 salles de classe, la réhabilitation et l’équipement de 3 000 autres, ainsi que le renforcement de la qualité de l’enseignement par le recrutement et le redéploiement de plus de 37 000 Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) dans l’enseignement maternel, primaire et secondaire. Le repas chaud de qualité s’est également invité dans ces réformes. Le gouvernement a initié l’extension de la couverture des cantines scolaires, offrant un repas chaud à environ 1,3 million d’écoliers dans plus de 80% des écoles primaires publiques et contribuant à une nette amélioration de la rétention scolaire (96% en 2023 contre 72% en 2016). La généralisation de la gratuité du 1er cycle de l’enseignement secondaire pour les filles sur toute l’étendue du territoire et son extension au 2e cycle (en moyenne 300 000 bénéficiaires par an). À sa prise du pouvoir, lors de son premier conseil des ministres du 3 juin 2026, le président Romuald Wadagni a décrété la généralisation de la gratuité des frais de scolarité pour les filles de l’Enseignement secondaire général dès la rentrée 2026-2027 et la construction de magasins pour cantines scolaires.
Dans une logique de continuité des actions du régime précédent, le gouvernement Wadagni a décrété une enveloppe de 20 milliards de FCFA désormais mise à disposition des acteurs du système éducatif pour renforcer et accélérer le programme d’accès à l’eau potable et à l’électricité pour l’ensemble des établissements d’enseignement publics qui en sont dépourvus. Toujours au cours de ce conseil des ministres de ce 3 juin 2026, le président Romuald Wadagni a instauré, au niveau de l’Enseignement supérieur, un comité pour statuer sur les conditions de relance et/ou d’amélioration des œuvres sociales (transport, hébergement, restauration) dans les universités publiques dès la rentrée académique 2026-2027. Ledit comité devra présenter incessamment son rapport au Conseil des Ministres pour des mesures et dispositions finales.
On ne saurait évoquer les réformes dans le secteur de l’enseignement sans mentionner les réformes de l’ÉducMaster. Ce dernier est un Système d’Information de Gestion de l’Éducation, tant au Ministère de l’enseignement maternel et primaire (MEMP) que dans celui de l’enseignement secondaire, de la formation technique et professionnelle (MESFP). EducMaster permet le pilotage, le suivi et l’aide à la décision au service de l’éducation au Bénin. En date, la plateforme compte 2 292 061 apprenants (maternelles et primaires inclus) pour 63 299 enseignants (soit 1 enseignant pour 37 apprenants environ) répartis dans 17 138 écoles sur toute l’étendue du territoire béninois. Quant à l’enseignement secondaire, à la formation technique et professionnelle, la plateforme indique 1 088 939 apprenants dont 1 066 346 dans l’enseignement secondaire général et 22 593 dans l’enseignement technique et la formation professionnelle. Sur le territoire national et dans ce secteur d’enseignement secondaire, 53 338 enseignants sont déployés (52 774 enseignants en enseignement secondaire général et 4 365 enseignants pour l’enseignement technique et la formation professionnelle). On dénombre, au total, 3 552 établissements dont 2 948 pour l’enseignement général et 604 pour celui technique.
Des performances certes, mais avec les réformes et mesures que le Président Romuald Wadagni annonce, l’école béninoise pourrait encore mieux rayonner les années à venir. Dans son projet de société devenu son programme d’action du gouvernement, le président Romuald Wadagni envisage la mise en place d’un cadre de formation en alternance pour renforcer l’orientation vers les filières techniques et professionnelles et faciliter l’implication du secteur privé. Aussi, annonce-t-il la généralisation des salles de classe numériques dans tous les ordres d’enseignement et le déploiement du télé-enseignement et la création de campus numériques à Cotonou, Parakou, Natitingou, Porto-Novo et Abomey-Calavi.
La grande innovation, c’est le suivi de chaque apprenant, de la maternelle à l’université, afin de disposer d’informations fiables, en temps réel, pour orienter efficacement et améliorer la qualité de l’enseignement. Cette réforme passera par la mise en place d’un identifiant unique et d’un livret scolaire digital pour chaque apprenant, le déploiement d’un système d’information, assurant le suivi des apprenants et des enseignants (scolarisation effective, assiduité, besoins en formation, etc.), la digitalisation des curricula, référentiels et contenus pédagogiques pour harmoniser les pratiques et garantir la qualité de l’enseignement et enfin la formation continue des enseignants (MOOC, vidéos, quizz) afin de s’assurer de la qualité de l’enseignement dispensé.
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Quant à l’enseignement supérieur, le projet phare et innovant reste celui de la création d’un fonds national d’innovation et de recherche finançant des projets de R&D appliqués dans les secteurs prioritaires via des appels à projets et l’alignement stratégique de l’offre universitaire sur des filières prioritaires à forte employabilité (santé, agriculture, technologie, etc.) et la gratuité de l’enseignement dans ces domaines à travers des bourses. C’est donc une nouvelle ère qui s’ouvre sur le secteur éducatif béninois pour plus de rayonnement sur l’échiquier mondial.






