Vers une diversification de la connectivité en Centrafrique

Entre l’exploration d’un nouveau corridor vers l’Est et la nécessité de renforcer la capacité réseau, la centrafrique tente de briser son enclavement numérique pour soutenir une demande en constante croissance.

Face à la vulnérabilité de ses infrastructures terrestres et aux risques d’interruptions de service, la République centrafricaine cherche à diversifier ses routes de connectivité internationale. 

Actuellement, le réseau centrafricain repose largement sur le Central African Backbone (CAB), un segment de 935 km de fibre optique qui assure la liaison avec les pays voisins. Cependant, cette dépendance aux corridors régionaux s’avère fragile. Les actes de vandalisme survenus en mars 2026 ont d’ailleurs mis en lumière cette vulnérabilité, paralysant partiellement les services de télécommunications nationaux. Pour les autorités, l’urgence est désormais de disposer de routes alternatives, techniquement indépendantes, pour garantir la continuité du service.

Pour répondre à ce défi, un pivot stratégique est à l’étude. Fin août, Gauthier Guezewane Gbowé, chargé de mission au ministère de l’Économie numérique, a évoqué un possible « basculement vers l’Est ». Ce projet de diversification s’appuie sur un rapprochement diplomatique et technique avec le Soudan du Sud, amorcé en mai 2026, afin d’améliorer la couverture du territoire. Bien que le tracé et les modalités de cette liaison restent à définir, cette orientation vise à réduire l’enclavement du pays, qui reste géographiquement éloigné des grands hubs de l’Afrique de l’Est comme le Kenya ou Djibouti.

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Au-delà de la simple sécurité des réseaux, l’enjeu est aussi économique. La multiplication des voies d’accès permettrait non seulement de sécuriser le trafic Internet en cas de coupure, mais aussi d’augmenter la capacité globale disponible. Selon les données de la Banque mondiale, une telle augmentation de la capacité est un levier puissant pour la baisse des coûts : le doublement de la capacité via les câbles sous-marins en Afrique est corrélé à une réduction de 7 % du prix du haut débit fixe et de 13 % pour le mobile.

Les premiers signes d’une amélioration sont déjà visibles. Grâce au raccordement via les réseaux terrestres des pays côtiers, les autorités ont noté une progression sensible des débits. Cette dynamique semble porter ses fruits sur l’accès au numérique : le taux de pénétration d’Internet, qui stagnait à 15,5 % début 2025, aurait déjà bondi pour atteindre les 30 % en 2026.

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