Chronique de Nelie : L’engagement politique doit être un contrat de vérité

Il est important de rappeler qu’aucune nation ne se construit durablement au mépris de l’espérance populaire.

« Les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient. » Une phrase qui nous est familière et qui parfois justifie le non-respect des engagements des politiques pris avec le peuple lors des élections.

Aujourd’hui, la donne semble changer et l’actualité politique du Sénégal nous interpelle. Il existe des moments dans l’histoire politique où les peuples cessent simplement d’écouter les discours. Ils commencent alors à observer les silences et les renoncements. Et surtout observer la distance qui grandit entre les promesses prononcées sur les podiums et les réalités vécues dans les quartiers, les villages, les marchés, les universités et les campagnes oubliées.

Un peuple peut supporter la pauvreté pendant un temps. Il peut supporter les difficultés. Il peut même supporter les sacrifices lorsqu’il comprend qu’ils servent une vision collective. Mais ce qu’aucun peuple ne supporte éternellement, c’est la trahison répétée de l’espérance

Depuis plusieurs décennies, l’Afrique vit ce paradoxe douloureux; des campagnes électorales remplies de promesses grandioses, suivies trop souvent d’un silence institutionnel une fois le pouvoir conquis. Comme si les engagements pris devant le peuple n’étaient que des outils de conquête. Comme si la parole publique pouvait être consommée puis jetée après les élections. Pourtant, la démocratie ne se résume pas à gagner un scrutin. La démocratie commence précisément après la victoire. Elle commence par la capacité à respecter la parole donnée. Dans le courage d’assumer les réformes promises. Dans la fidélité aux combats qui ont mobilisé les citoyens. Dans l’humilité de gouverner pour le peuple et non au-dessus du peuple. L’engagement politique ne peut pas être un simple métier électoral.

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Il doit être une responsabilité morale, un contrat de vérité entre une nation et ceux qui prétendent la conduire.

Lorsqu’un peuple se mobilise pour réclamer plus de justice, plus d’équité, plus de dignité et plus d’État de droit, ce combat ne peut jamais être considéré comme vain parce que chaque génération qui ose contester l’inacceptable prépare toujours une avancée, même lorsque les résultats semblent lents ou imparfaits. L’histoire de tous les grands peuples repose sur cette vérité car les conquêtes démocratiques ne tombent jamais du ciel. Elles naissent de l’endurance collective des femmes et des hommes qui refusent d’accepter que l’injustice devienne une normalité politique. Aucun système fermé n’est éternel. Aucune confiscation durable de l’espérance n’a jamais résisté indéfiniment à un peuple conscient. Le combat citoyen finit toujours par produire des fissures dans les murs les plus solides parfois lentement ou dans la douleur, mais il est inévitable.

C’est pourquoi, les peuples africains ne doivent plus seulement applaudir les beaux discours. Ils doivent désormais exiger des résultats, la cohérence, la morale politique et surtout exiger que les promesses faites aux jeunes, aux femmes, aux travailleurs, aux agriculteurs, aux étudiants et aux populations marginalisées deviennent des politiques publiques visibles et mesurables. Car la politique sans sincérité devient une industrie de la manipulation. Et lorsqu’un peuple cesse totalement de croire en la parole politique, ce n’est pas seulement une crise électorale qui naît, mais une crise démocratique profonde.

La véritable grandeur d’un dirigeant ne réside donc pas dans sa capacité à conquérir le pouvoir. Elle réside dans sa capacité à rester fidèle à ce qu’il défendait lorsqu’il ne possédait encore rien. Les peuples n’attendent pas de dirigeants parfaits. Ils attendent des dirigeants honnêtes. Des dirigeants capables de reconnaître leurs erreurs. Des dirigeants qui comprennent que gouverner n’est pas dominer, mais servir.

L’Afrique entre progressivement dans une nouvelle ère politique

Une génération plus instruite, plus connectée et plus consciente émerge partout sur le continent. Cette génération observe tout. Elle archive tout, compare tout et elle finit inévitablement par sanctionner l’écart entre les paroles et les actes. Les gens peuvent patienter. Mais ils n’oublient jamais. Voilà pourquoi, le combat des peuples pour aspirer à un avenir meilleur ne sera jamais inutile. Chaque voix portée avec sincérité compte. Chaque engagement courageux compte. Chaque résistance à l’injustice compte.

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Parce qu’au bout de chaque grande transformation politique se trouvent toujours des citoyens qui ont refusé d’abandonner l’idée même d’un avenir juste.

Et pour finir, il est important de rappeler qu’aucune nation ne se construit durablement au mépris de l’espérance populaire.

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