Le numérique, nouveau levier de croissance pour les entrepreneurs centrafricains

Dans un pays où l’accès au réseau reste un défi majeur, la révolution numérique s’amorce au grand bonheur des entrepreneurs locaux.

Avec seulement 670 000 internautes recensés fin 2025, soit 12 % de la population, l’enjeu est de transformer la connectivité en un véritable moteur économique pour les petites et moyennes entreprises (PME). C’est dans cette optique que la plateforme Louma Guiwara, lancée par Louma Technologies, s’impose comme une pionnière.

Pour de nombreux acteurs économiques basés à Bangui, l’essor des activités reste freiné par un déficit de visibilité. Qu’il s’agisse de commerce, de services ou d’événementiel, les entrepreneurs peinent souvent à franchir le cap de la clientèle locale. « Cette application va vraiment aider et mettre en avant tout ce que font les entrepreneurs qu’on n’arrive pas à découvrir, qui sont dans l’ombre », affirme Anelka Pitima, PDG de l’agence Pablo Prod. Pour lui, l’outil est une chance de sortir de l’invisibilité.

L’ambition de Louma Technologies ne s’arrête pas aux frontières centrafricaines. L’objectif est de créer une passerelle entre le marché local, la diaspora et les partenaires internationaux. Pétula Lenguezial, directrice générale de Louma Technologies, voit en cette plateforme un levier d’exportation : « Nous voulons permettre à nos commerçants d’avoir des opportunités au-delà du pays. Un producteur de miel en Centrafrique, par exemple, doit pouvoir trouver un client au Maroc ou ailleurs ». Cette stratégie de mise en réseau vise à transformer la présence numérique en débouchés commerciaux concrets, permettant aux PME de s’insérer dans des chaînes de valeur mondiales.

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Cette dynamique s’aligne avec les orientations du Plan national de développement 2024-2028, qui mise sur la croissance inclusive. Pour accompagner cette transition, l’État et les acteurs technologiques misent sur la formation. Christophe Kaya de Kimika, directeur général du développement de l’Économie numérique, souligne l’importance de l’encadrement avec l’appui du centre de formation digitale de l’Université de Bangui.

« Nous voulons une inclusion numérique, une jeunesse autonome et surtout une jeunesse féminine présente, afin d’aller de l’avant », précise-t-il. Entre formation des start-ups et accompagnement à l’incubation, l’objectif est de faire du numérique un outil de développement humain et économique pour l’ensemble de la population centrafricaine.

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